Étienne Mortain

Né à Lillebonne (76) en 1972. Après son Bac, il quitte la Normandie en 1990 pour étudier aux Beaux Arts de Tours.
Pendant 17 ans il travaille en Région Centre comme plasticien, comédien et animateur, seul ou avec des compagnies (avec la Cie Colbok : « Lâcher de ballerines », « La patrouille de france à Pied », « Le chef d’oeuvre de MDV »).
Depuis 2007 il vit et travaille à Paris où il a obtenu en 2014 un congé individuel de formation qui lui a permit de découvrir l’ébénisterie au Greta/Boulle et il a obtenu le CAP d’ébéniste en 2015.
« En général ma manière de travailler c’est de me faire une boutique. L’outil qui produit l’œuvre en fait partie intégrante et doit être exposé avec elle. Je ne coupe pas le cordon entre l’atelier et le résultat final. L’ultime motivation à mon travail est de faire joujou. D’où la persistance dans mes choix créatifs de solidariser différentes matières pour en faire des objets composites mais compactes aux formes plutôt rondes, des sculptures jouets.
Mon atelier est nomade et je m’adapte aux circonstances. À ce titre les bancs/ateliers des artisans du moyen âge ont attiré mon attention. On travaillait souvent assis à cheval sur un banc qui servait d’établis, d’enclume et de rangement pour les outils. »


Cheval à bascule

S’asseoir est un fait de société. Pour manger les romains s’allongeaient, les pygmées se mettent accroupis. Pour l’enfant c’est un apprentissage difficile. Il se tortille, il change de fesse et trouve toujours une raison pour se relever.

Mes intuitions m’orientant toujours vers un retour aux sources j’ai trouvé deux raisons de m’asseoir en dehors des conventions. Je m’assois pour utiliser le poids de mon corps et les muscles de mon fessier. Le cheval à bascule sollicite ces deux énergies.

Je l’ai voulu d’apparence robuste et simple pour laisser aux enfants la liberté d’interprétation dans leurs jeux. De même le mécanisme actionné par le balancement du cheval est rudimentaire comme ceux des vieux moulins pour qu’il puisse fonctionner partout.
Ce mécanisme permet d’obtenir deux notes ; un Clip et un Clop. Mon exigence acoustique est de donner à entendre des sons naturels, précieux et complets qui épousent la sonorité d’un lieu.

Mis bout à bout les tabourets
Forment un tout en boue
Qui tient debout
Sur un tabouret de bois
Le tabou s’assoit
Et tout au bout
La bouse est nourricière
Sans tabouret tabou
Le tient est à vous.

(à scander en actionnant le cheval à bascule)